La terre est basse

La terre est basse
lundi 16 avril 2018 Marine Bigot

Issu d’un coffrage de planches, un ouvrage en terre aux formes rectilignes articule un espace planté et accueillant. Conçu par le collectif Dérive, ce jardin met en lumière un processus toujours à l’œuvre dans les Hortillonnages, celui de l’érosion. Qu’adviendrait-il si l’archipel du marais jardiné perdait son corset de planches et de saules? Sans ces dispositifs traditionnels de confortement et d’entretien des berges, la terre domestiquée retournerait à sa condition naturelle et les Hortillonnages tomberaient à l’eau. Pour donner à voir cette disparition, le matériau terre est ici mis en forme selon un procédé traditionnellement appelé « pisé ». Cette technique consiste à compacter de la terre entre des banches pouvant être décoffrées sans temps de séchage. La résistance de cette méthode de construction traditionnelle est ici amoindrie pour donner à voir la dégradation de la structure : eau, vent, pluie, soleil, le rempart rigide cède lentement sous l’implacable force du marais, de la végétation colonisatrice et de l’usage du lieu. Converties en assises, cheminement et mobilier, les planches de bois ayant servi aux coffrages constituent la figure invariable de cet aménagement, où elles continuent d’évoquer la forme originelle du mur en terre.

L'artiste

James Bouquart, Pierre-Yves Péré

 
Le collectif Dérive réunit paysagistes, scénographes et architectes : parmi eux, Pierre-Yves Péré, architecte, et James Bouquart, paysagiste, travaillent respectivement à Nantes et Tours. S’ils exercent séparément leurs métiers, le collectif, dès 2006, leur permet de se retrouver sur des projets plus à la marge, où ils impliquent l’individu dans la construction de son cadre de vie.