Le jardin du pot commun

Le jardin du pot commun
lundi 16 avril 2018 Marine Bigot

Délicat de filer au petit coin, en plein milieu d’une balade dans les Hortillonnages ? Avec ses toilettes sèches, le Jardin du pot commun répond à une problématique banale seulement en apparence : ce jardin, né de l’association de deux entreprises, Öklo et Jardinier des villes, est en effet auto-fertile – autrement dit, il utilise l’urine des promeneurs pour fertiliser un fouillis de miscanthus, de grandes graminées au panache ondoyant. Ces plantes, qui produisent beaucoup de matière verte, prélèvent ce faisant de grandes quantités d’azote dans le sol : or  l’urine est riche de cet engrais naturel, qui mélangé à de l’eau, peut rendre service aux jardiniers en fertilisant leurs plates-bandes. En donnant à la pause pipi une dimension utile, ce jardin sensibilise du même coup le visiteur à son impact sur l’environnement : la ressource essentielle de ce projet prototype, c’est en effet le déchet. Chaque année, 800 litres de fertilisant naturel pourront ainsi être récoltés dans les Hortillonnages, tandis que le miscanthus, une fois récolté, servira quant à lui à servir de paillage aux cultures des maraîchers.

L'artiste

Le jardinier des villes et Öklo

 
Ce projet est né de l’association de deux compétences : d’un côté, celles d’Öklo, jeune firme allemande spécialisée dans la construction de toilettes sèches, de l’autre celles du collectif Jardinier des villes, qui crée et entretient des jardins. Öklo est représentée par Anna Katharina Calmet ; Jardinier des villes, par les paysagistes Cléo Borzykowski et Antoine Gabillon.