Le syndrome de la page blanche

Le syndrome de la page blanche
lundi 16 avril 2018 Marine Bigot

Une île se dresse au cœur du l’étang de Clermont : quatre architectes-paysagistes y ont pris pied pour mieux la révéler, au moyen d’un geste graphique immaculé, page blanche ouverte sur les Hortillonnages. Non plus support, l’île devient œuvre : à l’entrée de la parcelle, une cabane en planches sombres a été conservée en l’état pour ne pas dénaturer son architecture en bois. Seule sa façade principale a été déployée sur le paysage, fenêtre ouverte sur la présence tranquille de l’eau et le fouillis végétal alentour. Le rectangle ainsi ménagé cadre le panorama comme un tableau, tandis que l’intérieur de l’habitation, peint en blanc, se transforme en chambre claire, intime et sereine. Le reste de l’île s’inscrit également dans la thématique du blanc : une trentaine de variétés de fleurs ont été plantées en prairie fleurie, strate ondulante qui marque le léger dénivelé du lieu. Sur les rives, les troncs des arbres ont été chaulés pour révéler leur force architecturale. Pour se délasser, des filets de catamaran tendus sur des cadres métalliques, se transforment en transats géants. L’intervention, réversible, réinterroge l’avenir avec délicatesse, prête à s’effacer pour accueillir les générations futures.

L'artiste

Atelier L. J. N.

 
Stanislas Bah Chuzeville, né en 1984, Michael de Tourdonnet, né en 1982, Arnaud Mermet-Gerlat, né en 1985, et Florian Michel sont paysagistes, diplômés du Master en architecture du paysage de l’Université de Liège – Gembloux-Agro-Bio Tech, en Belgique. Ensemble, ils fondent le collectif Les jardiniers nomades pour participer au festival des Hortillonnages d’Amiens, un challenge qui correspond à leur conception du métier de paysagiste, créateur d’espaces non transposables, ancrés dans un territoire.