Réservation en ligne

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Festival international de jardins
Hortillonnages Amiens

La prochaine édition du Festival international de jardins | Hortillonnages Amiens ouvrira le 22 mai 2021.

Nous aurons à nouveau le plaisir de vous accueillir lors cette 12e édition du Festival pour vous faire découvrir les jardins et les oeuvres créés par de jeunes paysagistes et plasticiens.

> RDV à Camon au Port à Fumier pour un parcours en barque électrique sur les parcelles du Festival en toute autonomie pendant 2h30 (payant) ;

> RDV à Amiens sur l’Île aux Fagots accessible depuis le chemin de halage pour un parcours-découverte à pied (gratuit).

À très bientôt !

L’équipe d’art & jardins | Hauts-de-France

Pour toute demande d’informations, nous vous invitons à nous adresser un courriel à communication@artetjardins-hdf.com

La peau de chagrin > Bruno Grasser, 2021

La peau de chagrin > Bruno Grasser, 2021
lundi 12 avril 2021 Marine Bigot
  • Bruno Grasser © Bruno Grasser

Intitulée La peau de chagrin, l’œuvre est une reconstitution d’un morceau de route, un clin d’œil au projet d’infrastructure routière qui devait passer en plein cœur des Hortillonnages, désormais protégés. Symbole d’une lutte écologique qui, en 1974, a réussi à faire plier un projet de rocade, la sculpture la représente finalement, 47 ans plus tard.

Porté par l’accroissement des échanges économiques, le projet d’extension de la rocade d’Amiens était en relation direct avec une idée de croissance dont le bien-être de la nature paraissait comme un impensé. Aujourd’hui encore, dans le monde, la croissance économique passe souvent avant la préservation de la nature, et sa sauvegarde s’envisage comme une action perpétuelle, engagée comme garde-fou de ce que cache la modernité en son sein : une vision utilitariste de la nature, la considérant comme une ressource à exploiter.

Si les Hortillonnages d’Amiens ont évité un bouleversement de leur milieu naturel, force est de constater qu’insidieusement, son espace s’est considérablement réduit au fur et à mesure des années concédant 97% des 10.000 hectares d’origine au développement de la ville qui l’entoure.

La peau de chagrin fait référence au roman d’Honoré de Balzac dans lequel le protagoniste a la possibilité d’exaucer tous ses désirs au prix de voir la taille de la pièce de cuir diminuer et de ronger progressivement la durée de vie de son propriétaire. Satire sur le conflit opposant le désir et la longévité, le personnage meurt d’amertume, animé par un dernier désir, celui de vivre encore.

L’œuvre reprend donc ce miroir concentrique comme un médium message plus ambigu qu’il n’y paraît. Le morceau de rocade flottant dans l’eau est une absurdité, l’ironie d’un rêve de modernité non réalisée, dérivant au gré des forces qui vont parce qu’elles vont. Un symbole en iceberg d’un combat gagné de haute lutte. Par cet échantillon de route qui dérive, comme détaché du monde, il y a presque le charme d’une nature morte. Pour autant, le volume semble endormi, en attente. Sa présence, potentiel trait d’union entre le site naturel et la ville au loin, sonne comme un danger. Dans ces eaux troubles, la sculpture est dissonante, formulant en faisant trembler le réel par le récit ce qui aurait pu avoir lieu, ce qui est peut-être déjà là.

L'artiste

Bruno Grasser

Résolument protéiforme, le travail de Bruno Grasser questionne les mouvements de mondes qui s’entrechoquent en donnant à voir des rêves fragiles. Les formes que l’artiste s’approprient sont empreintes de nostalgie ne sachant plus à quel monde elles appartiennent. Elles sont copiées du réel, collées ou encore modifiées, les projetant vers une nouvelle trajectoire. Bruno Grasser pourrait adopter la position du raconteur de Walter Benjamin dans son livre éponyme : raconter une histoire, c’est toujours la raconter à son tour.