
©Tanja Smeets
Dans ses installations, Tanja Smeets explore les processus de croissance organique et la tension entre le naturel et l’artificiel, aussi bien dans l’espace public que dans les salles de musée. Des installations qui dialoguent intimement avec l’environnement architectural, au point qu’il devient difficile de distinguer l’œuvre de la peau du lieu. Les installations semblent souvent figées dans le temps, dans une phase entre l’écoulement et l’égouttement, entre la croissance et le bourgeonnement. Tels des parasites, elles se frayent un chemin dans l’espace et déposent une couche poétique de formes organiques sur les surfaces dures.
Un paysage fictif, dans lequel Tanja Smeets explore comment des objets de notre environnement quotidien se transforment en structures qui semblent surgir directement de la nature, où l’on éprouve simultanément le familier et l’inquiétant. Les frontières deviennent poreuses, des transitions s’opèrent entre culture, nature, paysage et matière.
En tant que visiteur, on se trouve cerné de structures diverses : des apparitions végétales qui s’entrelacent avec l’espace en couches de plus en plus détaillées. Un paysage fluide de fils tissés et noués. La peau de ces structures agit comme une membrane entre l’installation et l’architecture : richement détaillée et séduisante. Dessous, le paysage semble mener une vie autonome, faite de frictions et de rebondissements inattendus.
Ces installations témoignent de sa recherche continue sur les processus de croissance de différentes espèces végétales et de son intérêt pour l’exploration des limites et des possibilités du textile et de la céramique. Les matériaux du quotidien, utilisés en grand nombre et à différentes échelles, jouent un rôle central dans ces structures. Cette abondance de matières soulève des questions sur notre rapport à la consommation, mais aussi sur ce que nous jugeons précieux ou sans valeur, et pourquoi. Peut-on explorer de nouvelles directions, créer de nouvelles formes, des fusions entre culture et nature, développer de nouvelles structures et de nouvelles possibilités dans une coexistence avec la Nature ?
Aux Hortillonnages, une petite maison abandonnée que les visiteurs longent en barque sans jamais y accoster verra des structures organiques pousser comme des champignons et envahir l’île et la maisonnette. Un nouveau paysage s’entrelace avec la situation existante.
