Festival international de jardins |
Hortillonnages Amiens 2025
Visite de l’exposition en barque


CAMON / PORT À FUMIER – Parcours en barque
Ponton d’embarquement
35 rue Roger Allou – 80450 Camon

À CAMON, louez une barque pour 2h30 et naviguez vers les différentes parcelles investies autour de l’étang de Clermont.

Toutes les barques sont conçues pour 6 personnes maximum (moins de 3 ans compris).

Les tarifs diffèrent en fonction du nombre de personnes qui y prennent place :

25€ / 1-2 personnes

36€ / 3-4 personnes

47€ / 5-6 personnes

* gratuit – 3 ans

Maximum de 6 personnes par barque, enfants de moins de 3 ans compris.

Ces tarifs intègrent une participation à l’entretien des rieux.

Les animaux ne sont pas admis dans les barques. Les poussettes doivent être déposées à l’accueil.

Des visites guidées sont proposées aux groupes à partir de 10 personnes après réservation par mail à : m.anselin@artetjardins-hdf.com

L’équipe des médiateurs et des volontaires en Service Civique vous accueille, vous informe et vous propose des médiations spontanées sur votre parcours…

Pour toute demande d’informations, vous pouvez adresser un courriel à festival@artetjardins-hdf.com
ou appeler le +33 6 78 53 55 92

Au plaisir de vous accueillir prochainement !

L’équipe d’Art & Jardins | Hauts-de-France

EYES WIDE CUT – Émilie Breux, 2026

EYES WIDE CUT – Émilie Breux, 2026
mardi 5 mai 2026 Zoé Gambier

©Emilie Breux

EYES WIDE CUT / QUAND LA NATURE PREND CORPS

La démarche d’Émilie Breux, empruntant à des genres très classiques, du paysage à la ruine, de la nature à la nature morte, propose un dialogue actif avec le monde qui l’entoure et les présences qu’il contient. Cet ici et maintenant se conjugue avec tout un ensemble d’éléments appartenant à la fois à l’œuvre et aux relations entretenues avec la genèse du lieu. Pour l’artiste, l’art peut réactualiser le passé et passer le relais.

Aux Hortillonnages, territoire hybride entre jardin, friche et paysage cultivé, Eyes Wide Cut entre en résonance avec l’histoire de l’Île aux Fagots, où le bois ramassé était autrefois lié en fagots et transporté par l’eau par les hortillons. En travaillant uniquement avec des arbres tombés naturellement, Emilie Breux prolonge ce geste ancien, respectueux du vivant.
Dans ce paysage façonné par l’eau, la terre et le bois, des sections d’arbres reposent au sol, parfois regroupées ou dispersées, comme laissées là par le temps. À première vue, l’installation se fond dans le paysage. Puis quelque chose trouble le regard : certains tronçons, coupés en deux, laissent apparaître des yeux. Figures de guet ou présences endormies, ces regards surgissant des veines du bois confèrent à ces fragments d’arbres une dimension anthropomorphique.

Le titre Eyes Wide Cut renforce l’idée de blessure, de coupe et d’irréversibilité : une « coupe à vif » pour un « regard à vif ». Le bois devient à la fois sujet et outil, matière première et langage. Par un geste précis de marqueterie, rigoureux et respectueux, l’artiste révèle une présence sans imposer de forme. L’arbre, bien que tombé et fragmenté, semble retenir quelque chose de vivant. Il regarde encore. Il veille. Une confrontation s’opère alors entre le tronçon et la marqueterie, entre le brut et la manufacture, entre le naturel et l’artificiel, entre la verticalité originelle de l’arbre et son destin horizontal d’œuvre d’art. Parce que nous ne sommes plus sûrs de leur éternité, les arbres, dressés autrefois vers la lumière, apparaissent réduits à des fragments : tronçonnés, déplacés, transformés.
Pourtant, dans Eyes Wide Cut, ils ne sont pas réduits au silence. Ils deviennent témoins du passé, du présent qu’on leur impose et du futur qu’ils semblent interroger. Le regard qu’ils adressent au visiteur est une invitation à observer autrement, à cesser d’avoir un droit de regard sur la nature pour accepter, peut-être, d’être regardé par elle. Grand protagoniste du vivant et repère ancré dans le réel, l’arbre peut devenir ici passeur vers un monde imaginaire.

Eyes Wide Cut est une œuvre frontale, l’âme d’un lieu, un gardien qui engage le spectateur dans une expérience sensible du temps et de l’espace, offrant un regard sur l’éphémère et sur ce qui est périssable et fragile.

Projet réalisé avec l’aide de Nolwenn Dantan / BUZZWOOD

L'artiste

Émilie Breux

Émilie Breux, née en 1985, est une artiste plasticienne issue d’un parcours mixte en Arts appliqués et en Beaux-Arts. Son œuvre principale témoigne d’un intérêt manifeste pour la transdisciplinarité et la mixité des techniques, passant de la 2D à la 3D en conciliant la planéité du dessin avec le volume de la sculpture et de l’installation, oscillant entre un travail contextuel, de terrain, et une pratique plus solitaire en atelier. Embrassant autant de supports et de possibilités, jouant avec les alternatives et les directions infinies que peut prendre l’expression artistique, la création génère chez elle plus de possibilités qu’elle n’en épuise. Sont privilégiées la décontextualisation des formes et des fonds, ainsi que l’importance du travail in situ, du rapport au spectateur et de l’histoire de l’art. L’ensemble de ses installations, à l’écriture plus ou moins minimale, propose au visiteur de s’immerger dans une expérience à la fois sensorielle et conceptuelle, un voyage au centre de la sculpture et de ses potentiels. Il est souvent question de se jouer des lois de la physique, avec humour et poésie. Ses différentes pièces s’apparentent davantage à des vanités contemporaines : des objets-sculptures aux dimensions souvent monumentales, des jouets géants inanimés que l’on aurait arrachés à l’oubli, porteurs d’une temporalité intérieure et nostalgique. La fragilité apparente des sculptures évoque le caractère éphémère de toute chose. Tout l’univers se déploie comme une fête inachevée et fantomatique, la vitrine d’un monde en suspens où la main de l’artiste s’efface au profit de l’image. Le travail d’Émilie Breux a fait l’objet de nombreuses expositions et résidences en France et au-delà : à la CENTRALE/LAB de Bruxelles (BE) ; au musée de l’archéologie d’Arlon (BE) ; au FRAC Grand Large de Dunkerque ; au FRAC Basse-Normandie, à Caen ; à l’Ar(T)senal de Dreux ; à Resort Studios, à Margate (Kent, UK) ; à La Piscine de Roubaix, entre autres.
Voir la fiche artiste — Émilie Breux