Festival international de jardins |
Hortillonnages Amiens 2025
Visite de l’exposition en barque


CAMON / PORT À FUMIER – Parcours en barque
Ponton d’embarquement
35 rue Roger Allou – 80450 Camon

À CAMON, louez une barque pour 2h30 et naviguez vers les différentes parcelles investies autour de l’étang de Clermont.

Toutes les barques sont conçues pour 6 personnes maximum (moins de 3 ans compris).

Les tarifs diffèrent en fonction du nombre de personnes qui y prennent place :

25€ / 1-2 personnes

36€ / 3-4 personnes

47€ / 5-6 personnes

* gratuit – 3 ans

Maximum de 6 personnes par barque, enfants de moins de 3 ans compris.

Ces tarifs intègrent une participation à l’entretien des rieux.

Les animaux ne sont pas admis dans les barques. Les poussettes doivent être déposées à l’accueil.

Des visites guidées sont proposées aux groupes à partir de 10 personnes après réservation par mail à : m.anselin@artetjardins-hdf.com

L’équipe des médiateurs et des volontaires en Service Civique vous accueille, vous informe et vous propose des médiations spontanées sur votre parcours…

Pour toute demande d’informations, vous pouvez adresser un courriel à festival@artetjardins-hdf.com
ou appeler le +33 6 78 53 55 92

Au plaisir de vous accueillir prochainement !

L’équipe d’Art & Jardins | Hauts-de-France

Le palais des oiseaux – Atelier Poem, 2026

Le palais des oiseaux – Atelier Poem, 2026
mardi 5 mai 2026 Zoé Gambier

©Atelier Poem

Les hortillonnages d’Amiens portent en eux une tension fondatrice : celle d’une nature éminemment construite, façonnée par des siècles de maraîchage et de canaux tracés à la main. Artifice et nature n’y sont pas opposés, ils se sont fondus l’un dans l’autre au point de devenir indissociables. C’est cette dichotomie qui est au cœur du projet : composer un espace qui soit simultanément jardin, architecture et territoire vivant. Un espace pour devenir un oiseau, ou pour l’observer.

Le projet paysager s’organise en gradients successifs, du sauvage vers le construit. Les rives, abandonnées à la dynamique spontanée du vivant, constituent le premier état. À partir d’elles, plusieurs strates de jardin se déploient, hautes herbes sauvages, prairies fleuries, pelouse de circulation, jusqu’au sol du pavillon, point culminant de l’artifice. Chaque transition génère une richesse biologique qui excède celle de chacun des milieux qu’elle relie. Les hautes herbes et les plantes à baies offrent graines et insectes aux oiseaux, les prairies fleuries nourrissent les pollinisateurs, le vivant qui se nourrit, niche et circule rencontre l’humain qui contemple.

C’est au degré le plus construit de ce gradient que se dresse le pavillon. Pour incarner cette vision de partage, le projet se tourne vers une figure ancrée dans le territoire : le colombier. Structure agricole et noble à la fois, le pigeonnier était jusqu’à la Révolution française un privilège réservé à la noblesse. Réserve nutritive, producteur d’engrais, vecteur de communication, il concentrait en lui plusieurs formes de pouvoir. Le projet en retourne le programme. La forme hexagonale est conservée, avec son mât central hérité des échelles à picots, ces montants hérissés de chevilles qui permettaient autrefois d’atteindre les nichoirs en façade. Mais les colombages, entre structure et ornement, ne sont plus pleins. Évidés, ils deviennent membranes, passages, nichoirs temporaires ouverts sur l’intérieur comme sur l’extérieur.
Leurs assemblages reprennent les dessins traditionnels des maisons à pans de bois du quartier Saint-Leu, qui borde les hortillonnages, retrouvant dans certaines formes d’encastrement les textures et rythmes du paysage naturel environnant. Les six faces du bâtiment sont autant de transitions, d’interstices de dimensions variables, traversables par l’enfant comme par l’adulte, par le martin-pêcheur comme par le colvert. En y pénétrant, le visiteur ne trouve ni murs pleins ni plafond fermé : il est suspendu entre ciel et eau, dans l’intimité poreuse d’un nid collectif. Les colombages ajourés cadrent le paysage sans le clore, laissant circuler lumière, vent, regards et parfois, un battement d’ailes.

Il n’y a plus d’intérieur au sens strict : le dedans et le dehors partagent le même régime, la même absence de hiérarchie. Non plus lieu de possession, mais lieu de passage. Non plus symbole de domination, mais armature légère que le vivant traverse, occupe et réinvente à chaque saison. Ce qui était luxe d’un seul devient commun à tous, un espace de contemplation pour les humains, un palais pour les oiseaux.

Projet réalisé avec Artbois Construction (Charpente et Ossature Bois à Amiens)

L'artiste

Atelier Poem : Roman JOLIY, Alice CECCHINI et Alessandro FINI

Atelier Poem est un studio d'architecture franco-italien fondé en 2020 par Alice Cecchini et Roman Joliy, avec une pratique ancrée dans le concept du « fabriquer » : une recherche de l'essence authentique des choses, du dessin d'ensemble jusqu'au détail, qui va au-delà de l'acte seul de construire. Le studio intervient dans les domaines de la conception architecturale, de la régénération urbaine et paysagère, ainsi que des installations artistiques. Il conçoit l'architecture comme un processus sensible dans lequel la complexité se résume en concepts simples et purs — une poétique qui façonne matériaux et lumière en fonction de leurs capacités émotionnelles, tissant des relations entre les individus et l'identité du lieu. Cette pratique est profondément narrative : chaque projet s'ancre dans les strates d'un territoire, compose avec ses préexistences, fait des matériaux les mots d'un récit commun. Reconnus en 2022 par la mention Jeune Talent de l'Architecture Italienne (CNAPPC), Alice et Roman sont présents au palmarès d'Europan 16 à Pont-Aven et d'Europan 17 à Courcy, Grand Reims.
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