
©Jean-Alfredo Albert
Autour d’une sculpture naturaliste en chaux, un jardin prend forme : le jardin de la Courtilière. Insecte fouisseur de la famille des grillons et des sauterelles, la courtilière affectionne les sols humides.
Tout a son image, ce jardin d’hospitalité est un espace où l’humain ajuste son égard avec d’autres créatures qui affectionnent aussi ces mêmes îlots.
Ici, la Courtilière jardine pour soutenir le monde dont elle fait partie : celui du sol, des insectes et de tous ceux qui en dépendent. C’est un lieu de décompositions et de recompositions de mondes. L’ensemble se présente comme un chaos organisé, un enchevêtrement de bois morts, de feuilles, de branches et de troncs, où la flore se développe à la limite de la friche.
Pour entrer, il faut emprunter les scions creusés par l’insecte, se baisser pour franchir un taillis hirsute, se guider à l’aide des contenants blancs accrochés aux branches, jusqu’à atteindre son terrier. Ces contenants sont des nichoirs, des invitations faites de chaux et de foin qui proposent un dialogue avec les écureuils, rapaces, passereaux, mulots…
Ce jardin n’est pas destiné aux humains, mais à ceux qui soutiennent le monde : les insectes, les oiseaux, acteurs invisibilisés en bout de chaîne trophique, comme de nombreuses minorités. C’est une invitation. À la fois, le jardin tente de mettre en place les conditions d’accueils d’une diversité spécifiques d’alliés ; à la fois, il suggère à la personne qui entre de changer de posture pour regarder autrement.
Projet réalisé avec l’aide d’Orlando Clarke, José Miguel Indiana Stones, Lucile Chapsale, Guillaume Costes et Camille
