
©Atelier Bivouac
Le jardin de rémanents*
Les Hortillonnages, territoire sculpté par l’action jardinière des hommes, racontent l’histoire des liens ténus entre un paysage et ses habitants. Sans présence humaine régulière pour entretenir les rives des îles face aux aléas climatiques, les bords s’érodent et l’eau regagne du terrain sur la terre. C’est cette question, centrale aux Hortillonnages, du bord en perpétuel mouvement et de son maintien dans le temps pour garder les terres hors de l’eau, que nous avons choisi d’explorer.
Le jardin des rémanents parle de la fabrication de la berge. Ici, entre l’ancien et le nouveau bord, croit un jardin linéaire dont l’épaisseur varie par la confrontation entre la géométrie nouvelle gagnée sur l’eau et les limites de l’érosion passée. L’intervention traite du bord comme épaisseur, de cet ourlet entre terre et eau pouvant contenir un jardin.
En observant les poules d’eau construire leur nids flottants, cherchant un amarre tels des branches immergées ou des groupes de joncs, nous voyons des arrangements favorables aux vivants.
L’utilisation des ressources locales étant au cœur de notre travail nous souhaitons établir une démarche d’inventaire afin d’identifier les matériaux que nous pouvons réemployer sur place. Nous utilisons la matière produite par l’entretien des hortillonnages, du défrichage des îles et du curage des canaux : assemblage des rémanents de l’île prélevés lors d’un travail de gestion et de jardinage des boisements spontanés, collecte du bois issu des tailles réalisées par des propriétaires ou gestionnaires de parcelles ou encore bouturage de saules prélevés aux alentours.
Le jardin est donc le fruit d’assemblages de matériaux glanés qui, à la façon de parterres, font naître des motifs variant selon les matériaux inventoriés.
*Les rémanents sont les branchages laissées au rebut après une coupe.
Projet réalisé avec l’aide de Glenn Pouliquen paysagiste D.P.L.G
