Amiens m’a particulièrement touchée de par son passé industriel et par son patrimoine architecturale. En me plongeant dans le fond d’archives départementale de la Somme, j’ai découvert des colonnes de paniers qui s’érige sur plusieurs photographies d’archives du paysage de la ville. Intriguée par ses formes particulières, je me suis intéressée à de nombreuses images du marché sur l’eau. Ces paniers en osier sont porteurs d’histoires. Ils sont symboles de transports et de manutentions.
Mon projet de sculpture emprunte les postures de matériaux présentes sur ces photographies. Il met en lumière les gestes invisibles des travailleuses hortillonnes et interroge notre rapport à l’espace et à la mémoire collective en invitant à réfléchir sur les traces du passé qui persistent dans le présent.
Les matériaux choisis pour cette sculpture, métal et béton renvoient à des symboles fondateurs. Le métal rappelle les anneaux d’amarrage, transmis de mère en fille, tandis que le béton, emprunté aux constructions d’après-guerre, rappelle ces édifices érigés pour durer.
Ces matières, utilisées pour ancrer les structures les plus solides, figent ici la gestuelle des travailleuses, soulignant ainsi leur rôle essentiel, à la fois invisible et indispensable, comme les fondations d’une architecture.
En engendrant de nouvelles formes, à la fois modestes et spectaculaires, l’artiste produit un jeu de collisions entre différentes temporalités et rend hommages aux trajectoires de ces objets qui faisaient parti du paysage Amiénois.
